En Thaïlande, les moines ne vivent pas en marge de la société — ils en sont le cœur spirituel.
Vêtus de robes safran, marchant pieds nus à l’aube, ils rappellent à chaque Thaïlandais la valeur du calme, du respect et de la compassion. Leur présence est si naturelle qu’on oublie parfois à quel point leur vie est rythmée par une discipline stricte et une foi profonde.
Découvrir le quotidien des moines en Thaïlande, c’est plonger dans une dimension essentielle de la culture thaïlandaise, où la spiritualité se vit dans la simplicité.
L’ordination : une étape sacrée dans la vie d’un homme thaïlandais
En Thaïlande, devenir moine n’est pas toujours un engagement à vie. En effet, beaucoup d’hommes choisissent de s’ordonner temporairement pendant quelques semaines ou quelques mois, souvent avant leur mariage, afin d’honorer leurs parents et d’accumuler du mérite (bun).
Ce rite, appelé “Buad Phra”, est un passage initiatique qui symbolise la maturité spirituelle.
La cérémonie d’ordination des moines est un moment fort : le futur moine rase sa tête et ses sourcils, enfile la robe safran et récite les vœux monastiques devant la communauté.
Le quotidien des moines : entre méditation et service
La vie d’un moine suit une routine millénaire, simple mais exigeante.
Elle commence avant l’aube et se déroule selon un rythme spirituel précis.
Avant le lever du soleil
Les moines quittent le temple pour leur tournée d’aumônes (Tak Bat).
Les fidèles, déjà debout, les attendent dans la rue pour déposer du riz, des fruits ou des fleurs dans leur bol.
Ce rituel nourrit les moines physiquement et les laïcs spirituellement, car offrir à un moine est un acte de mérite.
En matinée
De retour au temple, les moines partagent le repas en silence avant midi — le dernier de la journée.
Ensuite viennent les prières, les études des textes du Tipitaka et parfois des cours donnés aux novices ou aux enfants du village.
Après-midi
L’après-midi est consacrée à la méditation et à l’entretien du temple.
Pas de distractions, pas de téléphone, pas de télévision : le silence et la présence sont au centre de leur vie.
En soirée
Les moines se rassemblent dans la salle de prière (ubosot) pour la récitation des sutras et la méditation du soir.
Puis, chacun retourne dans sa cellule ou sa hutte forestière, souvent modeste, pour méditer avant le repos.

La discipline du moine bouddhiste : les 227 règles
Être moine, c’est vivre selon le Vinaya, le code de conduite du bouddhisme Theravāda.
Il comprend 227 règles qui couvrent chaque aspect de la vie : alimentation, interactions, vêtements, parole, sommeil…
Certaines sont très précises : ne pas manger après midi, ne pas chanter, ne pas posséder d’argent, ne pas dormir sur un lit trop haut.
Ces règles ne sont pas des contraintes, mais des outils de libération. Elles aident à détacher le moine des désirs matériels pour se concentrer sur la paix intérieure.
Les temples : des lieux de prière, d’étude et de refuge
Le temple bouddhiste (Wat) est bien plus qu’un lieu religieux. C’est un centre communautaire, un refuge pour les pauvres et un lieu d’éducation pour les enfants. Les moines y assurent l’enseignement moral, guident les rituels et accompagnent les familles dans les moments importants : mariages, funérailles, bénédictions.
Certains temples accueillent aussi des retraites de méditation, ouvertes aux étrangers, où chacun peut partager quelques jours du quotidien monastique : réveil avant l’aube, repas unique, méditation silencieuse et étude des textes.
Le rapport entre moines et société thaïlandaise
Les moines thaïlandais ne vivent pas coupés du monde. Ils participent à la vie sociale, conseillent les familles, bénissent les maisons ou les commerces, et assistent lors des grandes fêtes nationales. Ils sont vus comme des guides spirituels mais aussi comme des repères moraux dans une société en mutation.
La population, en retour, leur offre respect, nourriture et soutien matériel. Cette symbiose entre le peuple et les moines est l’un des piliers de la culture thaïlandaise : un équilibre entre la vie laïque, les différentes religions thaïlandaises et la vie spirituelle.
Les moines thaïlandais aujourd’hui
Si la vie monastique reste traditionnelle, elle n’est pas figée. Certains moines utilisent désormais les réseaux sociaux pour diffuser des enseignements, répondre aux questions spirituelles et attirer les jeunes générations. Des temples ont même des chaînes YouTube et des podcasts pour parler de méditation, de compassion et de philosophie bouddhiste.
Mais au cœur de tout cela, le message reste le même : vivre simplement, penser clairement et agir avec bienveillance.
Et si la vie monastique en Thaïlande est majoritairement masculine, les femmes jouent elles aussi un rôle spirituel essentiel à travers les mae chi, les nonnes et les fidèles. Leur dévotion contribue à faire vivre la foi au quotidien.
👉 Pour en savoir plus, découvre le rôle des femmes dans le bouddhisme en Thaïlande
Le mot de la fin
La vie des moines en Thaïlande est un miroir de la philosophie bouddhiste : simplicité, discipline, compassion et paix intérieure. Ces hommes, vêtus de leur robe, rappellent à chacun que le bonheur ne se trouve pas dans l’accumulation de produits, mais dans la maîtrise de soi et le détachement. Pour le voyageur, observer le rythme calme des temples thaïlandais, c’est entrevoir une autre manière d’habiter le monde — plus consciente, plus douce, et profondément humaine
FAQ – La vie des moines en Thaïlande
On peut entrer dans la vie monastique dès l’âge de 7 ans en tant que novice (samanen). Ces jeunes garçons vivent au temple, étudient les textes bouddhistes et apprennent la discipline du Sangha. L’ordination complète comme moine (bhikkhu) est possible à partir de 20 ans. De nombreux enfants des campagnes thaïlandaises passent quelques années au temple, souvent pour y recevoir une éducation gratuite.
Les moines ne cuisinent pas eux-mêmes. Ils mangent uniquement ce qui leur est offert pendant leur tournée d’aumônes matinale. Leur repas typique se compose de riz, fruits, plats locaux, parfois sucrés, mais jamais de nourriture après midi. Ils ne choisissent pas leurs plats : accepter toute offrande, avec gratitude, fait partie de la pratique spirituelle.
Oui, plusieurs temples en Thaïlande proposent des retraites de méditation ouvertes à tous, y compris aux étrangers.
Les participants suivent le rythme monastique : lever avant l’aube, repas unique, méditation, silence et respect du code vestimentaire. Les plus célèbres se trouvent à Chiang Mai, Kanchanaburi ou Ubon Ratchathani, et accueillent volontiers les voyageurs curieux de spiritualité. Si tu suis le basket, Victor Wembanyama a fait une retraite bouddhiste en 2025.
Marcher pieds nus symbolise l’humilité et le détachement matériel.
C’est aussi une façon d’honorer la tradition du Bouddha, qui parcourait les villages sans chaussures pour rencontrer les fidèles. En Thaïlande, marcher pieds nus sur le sol chaud est un acte de respect et de méditation en mouvement : chaque pas rappelle la conscience du moment présent.


