Si tu as déjà voyagé en Thaïlande, tu as forcément croisé ces élèves en uniforme scolaire impeccable tôt le matin. L’éducation est ici un pilier sacré, considéré par les familles comme l’ascenseur social ultime.
Mais derrière cette discipline apparente, le système éducatif en Thaïlande est plein de paradoxes. Il oscille entre l’excellence des grandes universités de Bangkok et les méthodes parfois archaïques des zones rurales.
La structure du parcours scolaire en Thaïlande : De l’Anuban à l’Université
Le système scolaire thaïlandais est très structuré, calqué sur un modèle « 6-3-3 ». La scolarité obligatoire en Thaïlande dure 9 ans, mais le gouvernement assure la gratuité jusqu’à la fin du lycée (12 ans).
Voici les étapes clés de la vie d’un élève :
L’éducation préscolaire (Anuban)
Entre 3 et 5 ans, c’est l’école maternelle, ou Anuban. Bien que non obligatoire, la majorité des enfants y vont. Dans les grandes villes, la compétition commence déjà ici : certains parents visent des maternelles « prestigieuses » pour garantir une place dans une bonne école primaire par la suite.
L’école primaire (Prathom)
C’est le début des choses sérieuses pour les enfants de 6 à 11 ans. Le cycle Prathom dure 6 ans (P1 à P6). Le programme est dense : mathématiques, thaï, sciences et anglais.
Si tu passes devant une école thaïe à 8h00 précises, le temps s’arrête. Tous les élèves sont alignés militairement dans la cour. Le drapeau est hissé, l’hymne national retentit et tout le monde chante en chœur. C’est suivi de chants bouddhistes et d’un serment de loyauté. C’est un moment de cohésion nationale impressionnant qui ancre la discipline scolaire dès le plus jeune âge.
L’enseignement secondaire (Mattayom)
Le secondaire se divise en deux :
- Mattayom inférieur (M1 à M3) : C’est le collège (12-14 ans). La fin de la M3 marque la fin de l’école obligatoire.
- Mattayom supérieur (M4 à M6) : C’est le lycée (15-17 ans). À ce stade, les élèves choisissent leur voie : la filière générale (Sciences-Maths ou Arts-Langues) pour aller à l’université, ou la voie professionnelle.
L’enseignement supérieur (Mahawithayalai)
L’université est le Graal. L’entrée y est ultra-compétitive, basée sur un système d’examens nationaux complexe (TCAS). Les universités publiques comme Chulalongkorn ou Thammasat à Bangkok sont très convoitées et forment l’élite du pays.
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Les valeurs au cœur de l’école thaïlandaise
L’école en Thaïlande ne sert pas qu’à apprendre à lire, elle sert à apprendre sa place dans la société.
- Le respect absolu (Wai) : L’enseignant (« Ajarn » ou « Khru ») est une figure d’autorité quasi parentale. On ne contredit pas un prof. Les élèves s’accroupissent souvent s’ils doivent lui parler pour ne pas avoir la tête plus haute que la sienne.
- L’uniforme sacré : Du premier jour de la maternelle à la dernière année d’université, l’uniforme est obligatoire. Il est censé gommer les inégalités sociales, même si la marque des chaussures fait parfois la différence.
- Le « Sanuk » (le plaisir) : Malgré la rigueur, l’école doit rester « fun ». De nombreuses fêtes, compétitions sportives et journées à thème (fête des profs, festivals bouddhistes) rythment l’année pour renforcer le groupe.
Le système de notation thaïlandais
Le système de notation peut surprendre un œil européen. Pas de notes sur 20 ici, mais un système de GPA (Grade Point Average) allant de 0 à 4, proche du système américain.
- 4 : Excellent (A) – 80-100%
- 3 : Bien (B) – 70-74%
- 2 : Moyen (C) – 60-64%
- 1 : Médiocre (D) – 50-54%
- 0 : Échec (F)
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Les défis et difficultés du système scolaire thaïlandais
Malgré les investissements, le système éducatif en Thaïlande est souvent critiqué et fait face à des obstacles majeurs :
- L’apprentissage par cœur : C’est le fléau n°1. Le système traditionnel valorise la mémorisation pure (« Rote learning ») pour réussir les QCM, au détriment de la pensée critique, du débat et de la créativité. On apprend à obéir, pas à remettre en question.
- Les inégalités géographiques : Il y a un fossé énorme entre les écoles d’élite bilingues de Bangkok et les petites écoles rurales de l’Isan qui manquent de tout (profs, matériel, internet). C’est une éducation à deux vitesses.
- Le niveau d’anglais : Malgré des cours obligatoires dès le primaire, le niveau d’anglais global reste faible (la Thaïlande est souvent mal classée dans les indices mondiaux). L’accent est trop mis sur la grammaire théorique et pas assez sur l’oral.
C’est notamment pour ces raisons que le système éducatif français est différent du système éducatif thaïlandais
L’école en Thaïlande : Un investissement important des familles
Pour les Thaïlandais, l’école n’est pas une affaire individuelle, ça fait partie de la vie de la famille. L’éducation est vue comme l’unique ascenseur social capable de changer le destin de toute la lignée.
- Le sacrifice financier : Les parents investissent massivement (parfois 30% de leurs revenus !). Comme l’école publique ne suffit pas toujours pour les concours, l’industrie des cours du soir (Tutoring Schools) explose. Les élèves y passent leurs soirées et week-ends.
- La dette de vie : Réussir ses études, c’est la forme ultime de gratitude envers ses parents (Katanyu), l’assurance de pouvoir s’occuper d’eux financièrement plus tard.
Dans presque toutes les maisons thaïlandaises, même les plus modestes, tu verras au mur la photo de la remise de diplôme en grand format, juste à côté du portrait du Roi. Le jour de la cérémonie est sacré : toute la famille se déplace, c’est la preuve visuelle que la mission est accomplie.
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Réserve ton activitéFAQ : Questions fréquentes sur l’école en Thaïlande
Le calendrier est inversé à cause de la chaleur ! L’année scolaire commence mi-mai et finit début mars. Les « grandes vacances » ont lieu pendant l’été thaïlandais, c’est-à-dire en mars, avril et mai, qui sont les mois les plus chauds de l’année.
Théoriquement oui, pour les frais d’inscription de base dans le public. Mais en réalité, les parents doivent payer beaucoup de « frais annexes » : uniformes, manuels, repas, transports, cours de soutien… Cela représente un budget lourd pour les familles modestes.
Officiellement, ils sont interdits par le Ministère depuis les années 2000. Dans la pratique, dans certaines écoles rurales ou traditionnelles, le coup de règle en bois sur les doigts ou les fesses existe encore pour punir les élèves turbulents, même si c’est de plus en plus rare et dénoncé.


