La Thaïlande est l’un des pays les plus sûrs au monde pour voyager. Les agressions ? Quasi inexistantes. Par contre, l’escroquerie au touriste, c’est un véritable sport national dans certains quartiers de Bangkok, Phuket ou Pattaya.
Ces arnaqueurs sont des pros : ils sont charmants, parlent souvent un anglais impeccable et savent exactement comment manipuler ta confiance ou ta curiosité. Le but n’est pas de te faire flipper, mais de te filer les clés pour repérer les pièges et les arnaques à touristes. Une fois que tu connais le scénario, tu pourras refuser poliment avec un grand sourire et continuer ta route. Ouvre l’œil, et protège tes Bahts !
« Le Grand Palais est fermé »
C’est LE classique au niveau des arnaques en Thaïlande. Tu marches tranquillement vers le Grand Palais ou le Wat Pho. Un mec bien habillé, souriant, t’aborde. Il te demande d’où tu viens et t’annonce, l’air désolé, que le Palais est fermé ce matin. Les excuses ? Une cérémonie bouddhiste, le ménage, ou la visite du Roi.
Voyant ta déception, ce « bon samaritain » te sort une carte et te propose un plan B : visiter un autre temple « secret » (souvent le « Lucky Buddha ») qui est ouvert et gratuit. Il appelle gentiment un Tuk-tuk pour toi, en négociant un prix dérisoire (20 ou 30 bahts). Tu montes, ravi de cette rencontre. En réalité, le chauffeur va te trimballer de boutique en boutique (voir arnaque n°2) où il touchera une commission, et toi, tu auras perdu ta matinée.
La parade : Le Grand Palais est ouvert tous les jours. Ne crois jamais quelqu’un dans la rue. Va jusqu’au guichet officiel pour vérifier par toi-même.
L’arnaque aux pierres précieuses
C’est souvent la suite de la précédente. Le Tuk-tuk te dépose devant une bijouterie au nom ronflant (« Government Export Centre »). À l’intérieur, on t’explique qu’il y a une promo de dingue : le gouvernement a supprimé les taxes sur les pierres précieuses (saphirs, rubis) cette semaine.
Le vendeur t’assure que tu peux acheter ces pierres ici pour une bouchée de pain et les revendre chez toi en faisant un bénéfice de 100%. Parfois, un faux touriste occidental (complice) est là pour te dire qu’il l’a déjà fait et qu’il est riche. Tu achètes pour 1000 euros de bijoux. De retour chez toi, tu réalises que ce sont des bouts de verre ou des pierres synthétiques qui ne valent rien.
La parade : N’achète jamais de bijoux de valeur si tu n’es pas expert. L’argent facile n’existe pas. Si c’était si rentable, ils le feraient eux-mêmes !
Le Jet Ski maudit à Phuket et Pattaya
Cette arnaque thaïlandaise fait peur. Tu loues un Jet Ski sur la plage pour 30 minutes. Tu t’éclates, tu fais gaffe. Au moment de rendre l’engin, le loueur pointe une grosse rayure sous la coque. Il affirme que c’est toi qui as fait ça.
Il s’énerve et exige une somme folle pour la réparation (20 000 à 50 000 Bahts). Si tu refuses, ses potes costauds débarquent pour te mettre la pression. Le but est de te faire paniquer pour que tu payes cash. Bien sûr, la rayure était déjà là, cachée par de la peinture à l’eau ou du sable.
La parade : Évite le Jet Ski, c’est risqué. Si tu veux vraiment en faire, prends des photos et vidéos de toute la coque avant de partir, devant le loueur. En cas de pépin, appelle la Police Touristique (1155), pas la police locale.
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Le « Ping Pong Show » et l’addition salée
Dans les quartiers chauds comme Patpong, des rabatteurs te tendent des « menus » avec des photos explicites. Ils te promettent un « Ping Pong Show » avec entrée gratuite et bière à 100 Bahts. Curieux, tu montes à l’étage dans un bar sombre.
Tu prends deux bières, tu regardes un spectacle souvent glauque, et tu veux partir. C’est là que le serveur t’apporte l’addition (« Bill »). Ce n’est pas 200 Bahts, mais 3000 ou 5000 Bahts. On te facture tout : l’entrée, le show, le service. Si tu contestes, des videurs bloquent la porte.
La parade : Ne monte jamais dans les bars aux étages (« Upstairs bars »). Reste au rez-de-chaussée où tu vois la rue. Si tu es piégé, pose 1000 Bahts sur la table et pars fermement, ou menace d’appeler la police.
Le Tuk-Tuk à 20 Bahts
Tu arrêtes un Tuk-tuk. Au lieu du prix normal (150 Bahts), le chauffeur te propose un tarif incroyable : 20 Bahts (0,50€) pour la course ! Trop beau ? Oui.
En acceptant, tu signes un pacte caché. Le chauffeur va te balader dans toute la ville pour t’arrêter chez des tailleurs sur mesure ou des bijoutiers. À chaque arrêt, il reçoit de l’essence gratuite, même si tu n’achètes rien. Tu vas perdre 2 heures, t’énerver, et finir par prendre un taxi.
La parade : Refuse les Tuk-tuks aux prix ridiculement bas. Dis « No shopping, direct destination ». S’il refuse, prends le suivant.

Le Tailleur « Armani » sur mesure
Bangkok regorge de tailleurs. L’arnaque, c’est de te vendre du « sur mesure » en cachemire ou soie italienne pour des cacahuètes. Le vendeur te harponne dans la rue : « Hello my friend, nice shirt! ».
Tu paies une avance. Une fois le costume livré (souvent juste avant ton départ), tu découvres que le tissu est un polyester bas de gamme qui te fera transpirer comme un bœuf, et que les coutures lâchent en trois jours.
La parade : Fais tes recherches sur Google Maps avant d’entrer chez un tailleur. Évite ceux qui te promettent un costume complet en 24h et ceux qui rabattent dans la rue.
Le Taximètre « cassé »
Tu montes dans un taxi, et le chauffeur ne met pas le compteur (Meter). Quand tu lui demandes, il répond « Meter broken » ou « Traffic bad ». Il t’annonce un prix fixe : 300 Bahts. Le prix réel au compteur serait de 80 Bahts. Il essaie juste de multiplier son tarif par trois sur ton dos.
La parade : Avant de monter, dis « Meter please ». S’il refuse, descends et prends le suivant. Sinon, utilise les applis Grab ou Bolt pour avoir un prix juste sans négocier.
L’arnaque du billet de 1000 Bahts
Cette arnaque en Thaïlande souvent dans les 7-Eleven ou les bars tard le soir. Tu achètes une bricole et tu paies avec un gros billet de 1000 Bahts. Le caissier prend le billet, se tourne ou le fait tomber, et te rend la monnaie sur… 100 Bahts.
Si tu réclames, il te montre un billet de 100 Bahts dans sa caisse en jurant que c’est ce que tu lui as donné. Comme les billets se ressemblent un peu dans le noir, tu doutes.
La parade : Quand tu tends un gros billet, dis toujours le montant à haute voix en regardant le caissier : « Here is one thousand Bahts ». Et essaie d’avoir de la petite monnaie sur toi.
Le coup des graines pour oiseaux
Autour du Sanam Luang (près du Palais), une vieille dame souriante s’approche et verse, sans rien demander, une poignée de graines dans ta main ou celle de ton enfant.
Les pigeons affluent, tu prends une photo, c’est marrant. Une fois fini, la dame change de visage et exige que tu paies le sac, souvent 100 ou 200 Bahts. Si tu refuses, elle tape un scandale.
La parade : Garde tes mains dans tes poches ou fais un signe de refus ferme dès que quelqu’un s’approche avec des graines. Ne touche à rien.
La location de scooter et le passeport en otage
Très courant sur les îles (Koh Tao, Koh Phangan). Le loueur exige ton passeport original comme garantie. Au retour, il inspecte le scooter à la loupe et trouve une micro-rayure. Il refuse de te rendre ton passeport tant que tu ne paies pas des réparations hors de prix. Avec ton avion le lendemain, tu es coincé.
La parade : Ne laisse JAMAIS ton passeport original. Propose une photocopie et une caution en espèces. Si le loueur refuse, va voir ailleurs. Et filme toujours le scooter sous tous les angles avant de partir.
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Conclusion
La Thaïlande reste une destination magique et la majorité des gens sont honnêtes. Mais ne laisse pas ta naïveté gâcher ton voyage. Si quelqu’un est trop gentil, parle un anglais trop parfait, ou te propose une affaire trop belle, méfie-toi.
En cas de gros pépin, un seul numéro : le 1155 (Police Touristique).
Reste vigilant et profite à fond ! 🙏
FAQ : Les arnaques à éviter en Thaïlande
Garde ton calme. S’énerver (perdre la face) ne sert à rien ici. Si tu te sens menacé ou si la somme est grosse, appelle la Tourist Police (1155). Ils sont là pour ça.
Bof. La police « normale » protège souvent les locaux. Adresse-toi toujours à la Police Touristique pour les litiges. Et attention aux faux flics qui veulent fouiller ton sac : un vrai policier ne te fouillera jamais dans la rue sans raison.


