L’idée de conduire en Thaïlande fait souvent peur aux touristes. Entre la conduite à gauche, le trafic parfois chaotique et la réputation des deux-roues, on peut vite se sentir dépassé. Pourtant, pour les plus téméraires, prendre le volant ici, c’est s’ouvrir les portes d’une Thaïlande authentique, celle des recoins cachés et des moments inoubliables. Que vous envisagiez de louer une voiture pour explorer les splendeurs du Nord ou de vous déplacer en toute autonomie dans les îles du Sud, ce guide est fait pour vous.
Avant de prendre le volant
Avant de mettre le contact, quelques vérifications et ajustements sont indispensables.
Le permis de conduire international : votre passeport pour la route
C’est LE document vital. Pour que votre permis national soit valable légalement en Thaïlande, il doit être accompagné du Permis de Conduire International (PCI). Sans lui, non seulement vous êtes dans l’illégalité, mais surtout, votre assurance ne vous couvrira pas en cas de pépin. C’est un peu comme partir à la plage sans maillot : ça ne va pas le faire !
Les documents du véhicule et l’assurance
Lorsque vous venez de louer une voiture (ou un scooter !), vérifiez toujours que vous avez les documents du véhicule (carte grise, preuve d’assurance) à portée de main. Concernant l’assurance, insistez pour l’option « franchise zéro ». C’est un petit coût supplémentaire qui peut vous sauver de bien des tracas financiers si vous avez le malheur d’accrocher une moto-taxi en Thaïlande ou un simple poteau de bambou.
L’état d’esprit du conducteur occidental : s’adapter, c’est survivre !
Le plus grand défi n’est pas tant technique que mental. Oubliez la rigueur du code de la route européen. En Thaïlande, la conduite est un mélange d’habitudes et de règles parfois interprétées avec une grande… flexibilité. Attendez-vous à l’inattendu, soyez patient et ne prenez jamais rien pour acquis. La règle d’or ? « Mai Pen Rai » (pas grave) et une bonne dose de zen !
Les spécificités de la conduite thaïlandaise : ce qui change vraiment
Préparez-vous à un petit choc culturel au volant !
La conduite à gauche
C’est la première chose que vous remarquerez : le volant est à droite, et on roule à gauche. Les premiers kilomètres peuvent être déroutants, surtout les ronds-points (on tourne dans le sens des aiguilles d’une montre !). Mon conseil d’ami : les 15 premières minutes, concentrez-vous à fond, suivez les autres voitures.
Le code de la route local : règles écrites et règles non-écrites
Le code existe, évidemment, mais sa mise en application est parfois… disons, créative.
- Priorité : Ne la prenez jamais pour acquise. Au lieu de « priorité à droite », c’est souvent « priorité au plus gros » ou « priorité à celui qui s’engage ».
- Feux rouges : Ne soyez pas surpris de voir des scooters ou des motos griller le feu rouge ou démarrer avant. Restez vigilant, même au vert.
- Clignotants : Ils sont souvent optionnels. Un véhicule qui tourne sans clignotant est monnaie courante en Thaïlande.
Les « rois de la route » : scooters, motos et leurs trajectoires imprévisibles
C’est LE point le plus important ! Les deux-roues sont omniprésents et peuvent surgir de partout : des bas-côtés, à contresens, entre les files, même sur les trottoirs ! Soyez toujours sur vos gardes, regardez vos rétroviseurs et anticipez l’imprévisible. Ce sont les plus vulnérables, mais aussi les plus audacieux.
Camions, bus et pick-ups : la force tranquille à anticiper
Ces gros véhicules ont souvent leurs propres règles. Ils peuvent doubler sans prévenir, et leurs arrêts sont parfois brusques. Gardez vos distances de sécurité, surtout sur les autoroutes. Un camion chargé peut être lent dans les montées mais rapide dans les descentes !
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L’environnement routier : des infrastructures aux dangers potentiels
Du neuf au très ancien, les routes thaïlandaises offrent un panorama varié.
État des routes : du neuf au (très) ancien
Les autoroutes et les grands axes entre les villes principales sont en excellent état, avec plusieurs voies. En revanche, dès que vous vous aventurez sur les routes rurales ou secondaires, attendez-vous à des surprises : nids-de-poule, graviers, routes non goudronnées, ponts étroits… Ralentissez et soyez attentif.
La signalisation routière : bilingue, mais pas partout
Sur les grands axes et dans les zones touristiques, les panneaux de signalisation sont en thaï et en anglais. C’est très pratique ! Mais dès que vous vous éloignez, les indications peuvent être uniquement en thaï. C’est pourquoi un GPS fiable est votre meilleur ami !
Les stations-service : un service aux petits oignons
Faire le plein en Thaïlande est un plaisir ! Les stations-service (souvent PTT, Shell, Caltex) sont modernes, propres et offrent un service complet : vous n’avez même pas besoin de descendre de votre voiture. Dites juste à l’employé « Gasohol 95 » ou « Diesel », la quantité, et ils s’occupent de tout. Vous y trouverez souvent un 7-Eleven et des toilettes impeccables.
Conduire de nuit : une vigilance multipliée par dix
Évitez la conduite de nuit autant que possible en dehors des grandes villes ! Les dangers sont nombreux : animaux errants (chiens, vaches), véhicules sans éclairage, piétons sur le bas-côté, et routes parfois non éclairées. La visibilité est réduite, et le risque d’accident augmente considérablement.
Conseils pratiques pour conduire sereinement en Thaïlande
Quelques astuces pour rouler comme un local (mais en plus sûr !) :
- GPS hors-ligne : Utilisez Google Maps ou Waze. Pensez à télécharger les cartes hors-ligne pour ne pas dépendre de la connexion Internet, surtout dans les zones rurales.
- Petite monnaie : Ayez toujours des petites coupures (20, 50, 100 THB) pour payer rapidement les péages et les parkings.
- Restez Zen : La patience est votre meilleure alliée au volant. En Thaïlande, le stress n’a pas sa place ; respirez, vous êtes en vacances !
- Respect et documents : En cas de contrôle de police, restez courtois et souriant. Ayez toujours votre permis international et les documents du véhicule prêts à être présentés.
- Numéros d’urgence essentiels :
- Police générale : 191
- Police touristique : 1155 (parle anglais)
- Ambulance/Urgence : 1669
En cas de problème : que faire ?
Mieux vaut prévenir que guérir, mais savoir réagir est essentiel.
Accident ou accrochage : la procédure à suivre
- Sécurité : Allumez vos feux de détresse, placez un triangle de signalisation si possible.
- Appelez la police (191) et la police touristique (1155).
- Appelez votre loueur de scooter ou de voiture pour l’informer.
- Prenez des photos de tous les angles : les véhicules, les dommages, la scène.
- Ne déplacez pas le véhicule (sauf si absolument nécessaire pour la circulation) avant l’arrivée de la police.
- Ne faites aucune déclaration de culpabilité et ne signez rien que vous ne comprenez pas.
Panne mécanique : dépannage et assistance
Votre contrat de location inclut généralement une assistance routière. Appelez votre loueur directement. Si vous êtes dans un endroit isolé, les Thaïlandais sont souvent très serviables et pourront vous aider à trouver un garage.
Contrôle de police : rester courtois et coopératif
Présentez votre permis international et votre permis national. Si une amende vous est infligée (souvent pour un casque non porté, mais peu probable en voiture), payez-la et demandez un reçu. Ne tentez jamais de « négocier ».
FAQ : Questions fréquentes sur la conduite en Thaïlande
Les contrôles de police existent, surtout dans les zones touristiques et aux points d’entrée/sortie des villes. Ils ciblent généralement les infractions graves (alcool au volant) ou courantes (non-port du casque pour les motos). En voiture, si vous avez tous vos documents (Permis International inclus) et que vous respectez les limitations de vitesse, les contrôles sont généralement rapides.
Oui. Les limitations générales sont : 60 km/h en ville ou zone bâtie, 90 km/h sur les routes nationales et 120 km/h sur les autoroutes (expressways). Attention, les limitations peuvent changer rapidement, notamment aux abords des villages. Respectez-les scrupuleusement, car les radars existent, surtout sur les grands axes.
Dangereux » est un mot fort, mais c’est surtout extrêmement stressant et peu efficace. Le principal danger est la perte de temps et la frustration dues aux embouteillages légendaires.


