Tu imagines travailler en Thaïlande ? Tu te vois déjà siroter une noix de coco en répondant à tes mails en short ? Holà, minute papillon !
Si la vie quotidienne est détendue, la culture de l’entreprise en Thaïlande est, elle, extrêmement codifiée. C’est un mélange détonant de hiérarchie féodale, de recherche constante d’harmonie et… de fun obligatoire. Pour un Occidental habitué au débat d’idées et à l’efficacité directe, le choc culturel peut être brutal. Ici, la compétence technique ne suffit pas. C’est ton intelligence émotionnelle et ta capacité à développer des relations humaines qui feront ta réussite.
La hiérarchie sacrée : Le système SOTUS
En Europe, on aime bien l’idée du « flat management » ou de la porte ouverte du patron. En Thaïlande, la structure est verticale. Très verticale.
Le système « Pee / Nong »
C’est la base de tout. Dans un bureau, tu n’es jamais l’égal de ton voisin.
- Tu es soit le Pee (l’aîné, le senior).
- Soit le Nong (le cadet, le junior).
L’âge et l’ancienneté priment souvent sur la compétence. Le Nong doit respect, obéissance et service au Pee. En retour, le Pee doit protéger, guider et… payer le déjeuner du Nong.
Le Boss est un Roi
On ne contredit pas le patron en public. Jamais. Même s’il a tort. Même si son idée va faire perdre de l’argent. Le contredire, c’est lui faire perdre la face, et c’est un péché capital.
L’Harmonie et la « Face » : L’art de ne jamais dire Non
Le concept de « Face » (Na Ta) et de « Kreng Jai » (la peur de déranger/blesser) régit chaque email, chaque réunion, chaque décision.
Le conflit est tabou
En Occident, un conflit constructif est vu comme un moteur. En Thaïlande, c’est un échec. Si tu élèves la voix, tu as perdu. Si tu critiques ouvertement le travail de quelqu’un devant ses collègues, tu te fais un ennemi mortel. La critique doit être emballée dans cinq couches de compliments et délivrée en privé, avec un sourire.
Le mystère du « Oui »
Un Thaïlandais te dira rarement « Non » ou « Je ne sais pas ». Il te dira « Oui », ou « Peut-être », ou il te sourira. Et souvent, ce « Oui » veut dire « J’ai entendu ce que tu as dit », et non « Je suis d’accord et je vais le faire ». Il faut apprendre à décoder les nuances et le langage corporel.

Sanuk : Le travail doit être « Fun »
C’est le côté génial de la culture d’entreprise thaïe. Le travail ne doit pas être une souffrance. Le concept de Sanuk (plaisir) est vital.
- La nourriture : C’est le carburant du bureau. Il y a TOUJOURS à manger. Les collègues ramènent des snacks, on partage des fruits, on commande des bubble teas à 14h. Manger seul à son bureau est triste ; manger en groupe est essentiel pour souder l’équipe.
- L’ambiance : On rit, on se charrie, on décore les bureaux. Une équipe où l’on ne rigole pas est une équipe qui ne va pas rester longtemps. Si tu es un manager trop sérieux et austère, tu auras du mal à garder tes employés.
Le Business, c’est une affaire personnel
En Occident, on sépare vie pro et vie perso. En Thaïlande, les deux sont liés. On ne fait pas affaire avec une entreprise, on fait affaire avec une personne.
- La confiance avant le contrat : Avant de signer quoi que ce soit, ton partenaire thaï voudra te connaître. Ça passe par des déjeuners interminables, des parties de golf et souvent des soirées arrosées (whisky-soda) ou des sessions de karaoké.
- Le réseau : Tout fonctionne par le réseau (« Connections »). Connaître « quelqu’un qui connaît quelqu’un » est plus puissant que n’importe quel CV ou diplôme.
FAQ : La culture d’entreprise en Thaïlande
L’apparence est très important en Thaïlande. C’est une société qui juge beaucoup sur le look. Même s’il fait 35 degrés, le costume-cravate (ou au moins chemise manches longues et pantalon de costume) est de rigueur pour les hommes lors des premiers rendez-vous. Pour les femmes, une tenue modeste et élégante (épaules couvertes, jupe pas trop courte) est recommandée. Être mal habillé est perçu comme un manque de respect.
Non, c’est assez compliqué. Il y a une liste de métiers interdits aux étrangers (comme guide touristique, coiffeur, comptable…). Pour les autres jobs, l’entreprise doit prouver qu’aucun Thaïlandais ne pouvait faire le travail et doit avoir un capital social élevé pour te fournir un visa et un permis de travail (Work Permit). C’est beaucoup de paperasse !
« Thai Time » est une réalité dans la vie sociale (30 min de retard, c’est normal), mais dans le business, surtout à Bangkok avec les embouteillages, la ponctualité est appréciée. Cependant, si ton interlocuteur thaï est en retard, ne montre jamais ton agacement. Reste Jai Yen (calme).
Ce n’est pas obligatoire mais c’est un excellent geste pour briser la glace et montrer sa bonne volonté. Un petit cadeau venant de ton pays d’origine (chocolats, biscuits, souvenirs de qualité) sera toujours très apprécié. Emballe-le joliment, l’apparence du paquet compte autant que ce qu’il y a dedans !


