Quand on parle du système éducatif thaïlandais, tu entends souvent deux discours totalement opposés : certains te jurent que les étudiants thaïs vivent leur scolarité dans une atmosphère détendue et d’autres t’expliquent que la discipline, l’honneur familial et la compétition créent une pression énorme. Alors, où se situe la vérité ?
Le pays a une façon très particulière de gérer le rapport aux études : douce en apparence, mais soutenue par des attentes sociales parfois très fortes.
Une culture centrée sur l’harmonie… mais qui n’efface pas la pression
La Thaïlande adore l’harmonie. Tu entends souvent l’expression sabai sabai, qui signifie “tranquille”, “détendu”. Cette philosophie influence naturellement les écoles et les universités. L’ambiance en classe reste calme, les étudiants évitent les conflits et les professeurs ne cherchent pas à mettre mal à l’aise leurs élèves.
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Mais cette douceur ne signifie pas l’absence de pression. Elle prend simplement une autre forme. La société thaïlandaise valorise énormément l’image familiale. Réussir ses études, ce n’est pas seulement obtenir un diplôme ; c’est aussi honorer ses parents et montrer que la famille avance dans la bonne direction. Cette pression existe, mais elle reste silencieuse. Personne ne crie, personne ne met de coups de pression directs… mais tout le monde comprend ce qui est attendu de lui.
Un jour, une étudiante m’a confié : “Je n’entends jamais mes parents me demander d’avoir de bonnes notes, mais je sais que cela compte énormément pour eux.” La pression thaïlandaise vis à vis de l’école se vit sans bruit, mais bien réelle.
La famille : une source d’attente beaucoup plus forte que l’école
Si tu compares avec la France, tu remarques vite une différence majeure : les étudiants thaïs ressentent davantage la pression de leur famille que celle de leurs professeurs. En Europe, un prof exigeant peut créer du stress. En Thaïlande, le respect envers la famille et le désir de ne pas la décevoir jouent un rôle bien plus important.
Les aînés occupent une place centrale dans la culture thaïe. Les parents, mais aussi les grands-parents ou même les cousins plus âgés suivent le parcours scolaire des plus jeunes. La comparaison entre familles existe partout : lors d’un repas, dans la communauté ou même sur Line (le WhatsApp thaïlandais), les questions sur les études arrivent très vite.
Même si personne ne le dit ouvertement, un étudiant sait que ses résultats influencent la façon dont son entourage le perçoit.
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Des examens fréquents dans les universités thaïlandaises
Le système thaïlandais préfère le contrôle continu plutôt que les gros examens finaux. Les étudiants passent souvent des petits quizz chaque semaine, des mini-tests, des projets et un examen final plus light.
Cela crée un rythme constant mais moins brutal qu’en France, où certaines filières concentrent tout en fin de semestre.
La pression existe donc tout au long de l’année, mais elle ne se manifeste pas par de grosses périodes de stress. Tu avances régulièrement, tu accumules les points, et tu réduis le risque de “tout perdre” sur un seul contrôle.
Et si tu te demandes où les étudiants travaillent vraiment : dans les cafés ouverts 24h/24, très populaires en Thaïlande. L’ambiance y reste calme, studieuse J’ai déjà vu des groupes entiers de CMU (Chiang Mai University) réviser ensemble jusqu’à 2h du matin, dans une ambiance incroyablement détendue.
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Le rôle du professeur : une autorité respectée qui crée une pression implicite
En Thaïlande, la relation professeur–étudiant reste très différente de celle que tu trouves en France. Le professeur représente une figure d’autorité respectée, presque comparable à un aîné dans la famille.
Tu ne contredis jamais un prof en public. Tu restes humble, poli et attentif.
Les étudiants thaïs montrent leur respect par un wai (le salut avec les mains), et certaines promotions offrent même un petit cadeau au professeur à la fin du semestre. Ce geste symbolique renforce la dimension respectueuse de l’apprentissage.
Les universités prestigieuses : là où la pression prend une autre dimension
Même si le système thaïlandais reste globalement sain, certaines universités créent une vraie atmosphère compétitive.
Chulalongkorn, Mahidol, Thammasat, CMU… Ce sont les “grandes maisons”, les équivalents thaïs des grandes écoles européennes.
Là-bas, la pression ne vient pas uniquement de la famille, mais aussi des ambitions personnelles. Les étudiants visent :
- les entreprises internationales,
- les meilleurs classements,
- les concours académiques,
- et les programmes d’échange.
Une pression sociale discrète mais omniprésente
Même lorsque l’ambiance semble détendue, la comparaison sociale existe partout. Les étudiants comparent leurs notes, leurs stages, leurs projets, leurs scores… mais ils le font sans jamais en discuter directement. Le silence fait partie du jeu.
Il existe une vraie pudeur autour de l’échec, plus forte qu’en Europe. Les étudiants thaïs préfèrent éviter de parler de leurs difficultés. La pression devient donc invisible, mais bien ancrée dans la société thaïlandaise.
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FAQ – Pression scolaire en Thaïlande
Oui, c’est très courant. Beaucoup d’étudiants suivent des cours du soir pour renforcer leurs compétences, surtout en anglais ou en mathématiques. Ces cours rassurent les parents qui veulent optimiser les chances de réussite. Cette habitude ajoute parfois une pression supplémentaire sur les élèves.
Moins que les étudiants thaïlandais. Les étrangers profitent souvent d’une ambiance détendue et d’attentes moins strictes. Par contre, ils doivent s’adapter à la hiérarchie professeur–étudiant, qui peut surprendre au début. La pression reste donc plus culturelle que réellement académique.
Dans beaucoup d’universités, la présence influence la note finale. Une trop grande absence peut entraîner un refus d’accès à l’examen. Les professeurs restent stricts sur ce point.
Cela arrive, mais moins qu’en Occident. La famille et les amis encouragent souvent l’étudiant à continuer et à garder le cap. L’entourage joue un rôle énorme pour maintenir la motivation. La pression existe, mais elle se compense par un soutien social très présent.


