Kanchanaburi : guide complet de la ville

Kanchanaburi réunit le pont de la rivière Kwaï, la voie ferrée de la mort et les bassins turquoise du parc national d'Erawan, à deux heures et demie de Bangkok.

5,0 (1 avis)

Ton hôtel à Kanchanaburi

Kanchanaburi est à deux heures et demie de Bangkok, et pourtant on y change complètement de monde. Une rivière large bordée de maisons flottantes, des cascades turquoise en pleine jungle, des temples perchés au-dessus des rizières, et un pont de chemin de fer qui porte l’un des épisodes les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale en Asie.

C’est cette double nature qui fait toute la particularité de la ville. On vient pour se recueillir sur la voie ferrée de la mort, et on repart avec le souvenir d’une baignade dans les bassins d’Erawan. Les deux coexistent, à quelques kilomètres l’un de l’autre.

La province est la troisième plus grande de Thaïlande et touche la frontière birmane. Le chef-lieu, où l’on dort, n’en occupe qu’un coin : l’essentiel des sites se trouve au nord, parfois à plus d’une heure de route.

Histoire de Kanchanaburi

La ville existait bien avant la guerre, comme poste frontalier sur la route des invasions birmanes. Mais son nom, dans le monde entier, renvoie à dix-huit mois de 1942 et 1943.

La voie ferrée de la mort

Après avoir pris le contrôle de la Birmanie, l’armée impériale japonaise décide de relier la Thaïlande à Rangoun par le rail, pour éviter la route maritime exposée aux sous-marins alliés. Le tracé traverse 415 kilomètres de jungle et de montagnes.

Le chantier mobilise environ 60 000 prisonniers de guerre alliés et plus de 200 000 travailleurs forcés asiatiques, les romusha, recrutés en Malaisie, en Birmanie et en Indonésie. La ligne est achevée en seize mois au lieu des cinq années estimées par les ingénieurs.

Le bilan humain est effroyable : environ 12 000 prisonniers alliés et près de 90 000 travailleurs asiatiques meurent de maladie, de malnutrition et d’épuisement. Le détail de cette période est dans mon article sur la Seconde Guerre mondiale en Thaïlande.

Le roman, le film et la confusion

En 1952, l’écrivain français Pierre Boulle publie Le Pont de la rivière Kwaï. Il n’a jamais mis les pieds sur le chantier : il s’inspire de son expérience en Indochine. Le film de David Lean, en 1957, fait le reste et rend le lieu mondialement célèbre.

Petite ironie historique : le pont réel ne franchissait pas la rivière Kwaï mais le Mae Klong. Devant l’afflux de visiteurs cherchant « le » pont, les autorités thaïlandaises ont fini, dans les années 1960, par rebaptiser le tronçon de rivière en Khwae Yai. La géographie s’est alignée sur la fiction.

Après la guerre

La plus grande partie de la ligne est démontée après 1945. Seuls 130 kilomètres restent en service, de Kanchanaburi à Nam Tok, et c’est ce tronçon que les trains empruntent toujours aujourd’hui.

Les cimetières militaires, entretenus par la Commonwealth War Graves Commission, et les mémoriaux financés par l’Australie font de Kanchanaburi un lieu de pèlerinage pour les familles britanniques, australiennes et néerlandaises.

Les activités les plus réservées à Kanchanaburi

Que faire à Kanchanaburi ?

Les sites se répartissent entre la ville et le nord de la province. Voici ce qui mérite vraiment ton temps.

  • Le pont de la rivière Kwaï. On le traverse à pied sur les traverses, entre deux passages de train. Très touristique en journée, beaucoup plus émouvant au lever du jour quand il n’y a personne.
  • Le train jusqu’à Nam Tok. Deux heures sur la ligne d’origine, dont le passage sur le viaduc de bois de Tham Krasae, accroché à la falaise au-dessus de la rivière. Moins de 100 ฿ le billet, et c’est l’expérience la plus marquante du séjour.
  • Le Hellfire Pass Memorial. À 80 km au nord, une tranchée creusée à la main dans la roche et un musée remarquable financé par l’Australie. Entrée libre, audioguide gratuit. C’est là que l’histoire prend toute sa dimension.
  • Le cimetière militaire de Kanchanaburi. Près de 7 000 tombes alignées en plein centre-ville, impeccablement entretenues. L’âge inscrit sur les stèles, souvent vingt ou vingt-deux ans, dit tout.
  • Le Thailand-Burma Railway Centre. Juste en face du cimetière, le musée le mieux documenté sur le sujet. À préférer au JEATH War Museum si tu dois choisir.
  • Le parc national d’Erawan. Sept niveaux de bassins turquoise étagés sur deux kilomètres de sentier, avec baignade et petits poissons qui mordillent les pieds. 300 ฿ (8 €) l’entrée pour les étrangers.
  • La cascade de Huay Mae Khamin. Sept niveaux également, plus loin, au bord du lac de Srinakarin. Nettement moins fréquentée qu’Erawan et tout aussi belle.
  • Le Wat Tham Sua. Le « temple de la grotte du tigre », avec son grand bouddha doré assis face à une mer de rizières. La vue depuis la terrasse, surtout en fin d’après-midi, est la plus belle de la province.
  • Dormir en maison flottante. Les radeaux amarrés sur la Khwae Yai sont une institution locale. Le soir, on se baigne depuis la terrasse et on s’endort au bruit du courant.
  • Le parc national de Sai Yok. Cascades qui se jettent directement dans la rivière, grottes et sentiers. Combinable avec la journée Hellfire Pass.
  • La grotte de Lawa. L’une des plus belles cavités calcaires du pays, avec des salles immenses. Elle figure dans mon top des grottes de Thaïlande.
  • Le parc historique de Mueang Sing. Les vestiges d’un avant-poste khmer du XIIIe siècle au bord de la rivière, presque toujours désert.

Le « temple des tigres » n’existe plus

Le Wat Pha Luang Ta Bua, longtemps vendu comme une attraction phare de Kanchanaburi, a été fermé en 2016 après une opération des autorités qui y ont saisi les animaux et mis au jour un trafic d’espèces protégées. Méfie-toi des agences qui proposent encore des « expériences tigres » dans la région. Mon guide éthique pour voir des tigres explique où aller, et surtout où ne pas aller.

Comment se rendre à Kanchanaburi ?

La ville est à 130 kilomètres à l’ouest de Bangkok, sans aéroport. Tout passe par la route ou par le rail.

En train depuis Bangkok

Le trajet le plus évocateur, puisqu’on arrive par la ligne même dont on vient voir l’histoire. Les trains partent de la petite gare de Thonburi, pas de la gare centrale, et mettent 2 h 30 à 3 heures pour 100 ฿ en troisième classe. Deux départs par jour seulement, le matin.

En minivan

Le plus rapide et le plus souple : 2 heures depuis le terminal de Mo Chit ou du Sud, pour 120 à 200 ฿ (3 à 5 €). Départs toutes les trente minutes environ, de 5 h à 19 h.

En taxi ou voiture privée

Entre 2 000 et 3 000 ฿ (53 à 79 €) depuis Bangkok. Ça prend tout son sens si tu comptes enchainer les sites du nord de la province, où les transports publics sont rares.

En excursion à la journée

C’est le choix de beaucoup de voyageurs pressés, et honnêtement ça reste frustrant. Une journée permet de voir le pont et Erawan au pas de course, sans Hellfire Pass ni musées. Deux nuits sur place changent complètement la donne.

Quel climat à Kanchanaburi ?

La province est enclavée entre les montagnes de la frontière birmane et la plaine centrale, ce qui lui donne des écarts marqués et une chaleur sèche au printemps.

PériodeTempératuresConditions
Novembre à février18 à 32 °CSec et agréable, période idéale
Mars à mai24 à 39 °CTrès chaud, cascades au plus bas
Juin à août25 à 34 °CAverses, jungle très verte
Septembre à octobre24 à 32 °CPluies fortes, cascades spectaculaires

Un arbitrage à connaître : les cascades sont au mieux en fin de saison des pluies, en septembre et octobre, quand le débit est maximal et l’eau d’un turquoise intense. En avril, certains niveaux d’Erawan ne sont plus que des filets d’eau.

Quand partir à Kanchanaburi ?

La meilleure période va de novembre à février, mais le choix dépend vraiment de ce que tu viens chercher.

Si tu veux…Pars plutôt…Pourquoi
Le meilleur confortNovembre à févrierSec, 25 °C le matin, randonnées agréables
Des cascades puissantesSeptembre à novembreFin de mousson, débit maximal à Erawan
Le festival du pontFin novembre, début décembreSpectacle son et lumière et marché nocturne
Éviter la chaleurPas en avril39 °C et cascades presque à sec

À noter : les week-ends, Erawan est prise d’assaut par les familles thaïes de Bangkok. Viens en semaine et arrive à l’ouverture, vers 8 h, pour avoir les bassins supérieurs pour toi.

Où dormir à Kanchanaburi ?

Trois logiques différentes, selon que tu veux être près des commerces, sur l’eau ou en pleine nature.

Le quartier de la rivière, Soi Rong Heeb

La rue des guesthouses, le long de la Khwae Yai. Restaurants, agences, locations de scooter et pontons de baignade. C’est le choix pratique pour un premier séjour sans voiture.

Les maisons flottantes

Des bungalows construits sur radeaux, amarrés en ville ou plus en amont. L’expérience est unique, mais vérifie deux choses : l’isolation phonique, car certains radeaux-discothèques passent la nuit à remonter la rivière, et la présence de la climatisation en saison chaude.

Le centre-ville

Autour de Saengchuto Road, près du marché de nuit, du cimetière militaire et de la gare routière. Moins de charme, mais des prix bas et une vraie vie locale le soir.

Le nord de la province

Vers Sai Yok et le lac de Srinakarin, des lodges et des radeaux flottants isolés en pleine nature. Magnifique, mais il faut une voiture et accepter d’être à une heure de la ville.

Comment se déplacer à Kanchanaburi ?

La ville se parcourt facilement, mais les grands sites sont éparpillés sur cinquante à quatre-vingts kilomètres vers le nord. C’est le vrai casse-tête du séjour.

Le scooter

200 à 250 ฿ par jour. Parfait pour la ville, le Wat Tham Sua et les environs immédiats. Pour Erawan, à 65 km, c’est faisable mais long sous le soleil.

Le songthaew public

Un bus local relie la gare routière à Erawan en 1 h 30 pour 50 ฿, avec un départ toutes les heures environ. Le dernier retour part vers 16 h : rate-le et tu dors sur place.

Le train local

La ligne jusqu’à Nam Tok dessert le pont, Tham Krasae et Sai Yok Noi. Trois allers-retours par jour, moins de 100 ฿. C’est à la fois un transport et une visite.

La voiture avec chauffeur

Autour de 1 800 à 2 500 ฿ (47 à 66 €) la journée. C’est la seule façon raisonnable de combiner Hellfire Pass, Sai Yok et une cascade dans la même journée.

Questions fréquentes sur Kanchanaburi

Combien de jours prévoir à Kanchanaburi ?

Deux nuits est le minimum raisonnable : une journée pour le pont, le train et les mémoriaux, une autre pour Erawan. Trois nuits si tu veux ajouter Hellfire Pass et Sai Yok, qui sont au nord et demandent une journée complète. L’excursion à la journée depuis Bangkok existe mais survole tout.

Le pont de la rivière Kwaï est-il le vrai pont du film ?

C’est un vrai pont de la voie ferrée de la mort, construit par les prisonniers, mais pas celui du film : le long-métrage de David Lean a été tourné au Sri Lanka avec un ouvrage en bois construit pour l’occasion. Le pont de Kanchanaburi est métallique, partiellement reconstruit après les bombardements alliés de 1945, et il est toujours en service.

Erawan vaut-il vraiment le détour ?

Oui, c’est l’une des plus belles cascades de Thaïlande, à condition de monter jusqu’aux niveaux 4 à 7. Les trois premiers sont bondés, les suivants demandent de grimper sur des racines et se vident d’un coup. Prévois des chaussures qui tiennent aux pieds, un maillot, et laisse les bouteilles plastique à l’entrée où elles sont consignées.

Peut-on encore approcher des tigres à Kanchanaburi ?

Non, et c’est une bonne nouvelle. Le temple qui proposait ces séances a été fermé en 2016 après la saisie de ses animaux et la mise au jour d’un trafic d’espèces protégées. Toute offre de ce type dans la région doit être considérée avec la plus grande méfiance.

Faut-il une tenue particulière pour les mémoriaux ?

Il n’y a pas de règle écrite, mais les cimetières militaires et Hellfire Pass sont des lieux de recueillement, fréquentés par des familles de victimes. Une tenue correcte, une voix basse et l’absence de selfies souriants devant les stèles relèvent simplement du bon sens.

Dormir en maison flottante, bonne ou mauvaise idée ?

C’est l’expérience emblématique de Kanchanaburi, et elle vaut le coup. Deux réserves : certains radeaux-discothèques remontent la rivière en musique jusqu’à tard, surtout le week-end, et beaucoup de bungalows n’ont qu’un ventilateur, ce qui devient difficile en avril. Vérifie ces deux points avant de réserver.

Nos autres destinations en Thaïlande

Ce guide t’a été utile ?

Clique sur une étoile pour le noter.

Note Moyenne 5 / 5. Nombre de votes : 1

Pas encore de vote 🙁

Activités à KanchanaburiAnnulation gratuite possible

Voir les activités